Les États-Unis de l’Europe, par Pierre Brossolette … en 1927 !

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Voici ce qu’écrivait Pierre Brossolette, pionnier de l’idée d’une Communauté Européenne dans la lignée d’Aristide Briand.

Le texte, paru à Notre Temps en novembre 1927, garde toute son actualité quatre-vingt dix ans après à la lumière des événements du Brexit, et sur la participation de l’Angleterre et sur la place de l’Allemagne dans une Europe unie et solidaire.

 

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Nos amis Jean Luchaire et Émile Roche ont posé, dans l’avant-dernier numéro de Notre Temps, la question des États-Unis d’Europe.

Ils ne m’en voudront certainement pas d’apporter aussitôt une brève contribution aux débats que leur article ne manquera pas de susciter et qui préciseront notre position à tous en présence d’un problème qu’il faut envisager de sang-froid.

Je ne suis pas de ceux qui refusent de croire les États-Unis d’Europe possibles, comme ils refusaient de croire une Société des Nations possible, pour cette simple raison qu’ils n’avaient point encore vu, dans l’histoire, de Société des Nations, et qu’ ils n’ont pas encore vu d’Etats-Unis dans l‘histoire de  l’Europe. Il me suffira de dire que cet absurde et facile déterminisme ne me convient point.

Je ne suis pas non plus de ceux qui redoutent l’avènement d’Etats-Unis d‘Europe parce qu’ils craignent de voir l’Allemagne assumer, dans leur direction, un rôle prépondérant. Si même cela m’était démontré, s’il m’était démontré que les États-Unis d’Europe peuvent assurer la paix et que, dans ces États-Unis, l’influence allemande doit nécessairement être prépondérante, je répondrais sans hésiter: que se réalise la paix par de tels Etats-Unis.

Je ne suis pas, enfin, de ceux qui écartent politiquement l ‘idée des États-Unis d’Europe, parce qu’ ils ont peur de voir cette tentative continentale gêner ou affaiblir l’institution quasi-universelle qu’est la Société des Nations. Étonnant manque de foi en la Société des Nations, et non moins étonnante incapacité à imaginer les moyens de créer des organismes régionaux au sein d‘un organisme universel!

Je ne crains donc pas qu’on me parle des États-Unis d’Europe.

Mais je veux, quand on m’en parle, savoir de quoi l’on me parle.

Et si l’on a pu me dire, jusqu’ici, de façon à peu près satisfaisante ce que pouvaient être, en Europe, des États-Unis, je dois avouer que jamais on ne m’a dit suffisamment dans quelle Europe pourraient se faire ces Etats-Unis.

Laissons même de côté la Russie, dont la Société des Nations se passe bien, et dont les États-Unis d’Europe pourraient peut-être se passer, eux aussi, à la rigueur.

Mais il y a l’Angleterre. Elle est un obstacle qu’on ne peut ignorer sans aveuglement et qu’on ne peut négliger sans légèreté.

Parmi les groupements qui se sont faits les champions des États-Unis d’Europe, les uns ont délibérément exclu l’Angleterre et leur construction, les autres l’y ont délibérément incluse ; d’autres enfin — et non des moindres — ont caché sous une verbeuse logomachie, leur incapacité à décider ce que deviendrait, dans cette conception généreuse, la Grande Bretagne.

Mais, exclusion ou inclusion, cela est vite dit. Encore faudrait-il savoir si la situation internationale permet ainsi d’exclure à volonté l’Angleterre de l’ Europe, ou de l‘y inclure.

Une chose déjà apparaît certaine. C’est que jamais l‘Angleterre ne se laissera aller à donner son adhésion à des Etats-Unis d‘Europe. Par tempérament national d’abord. Par nécessité ensuite. Car l’Angleterre, c’est encore — et pour longtemps encore, malgré de graves symptômes, la tête de l‘Empire britannique. La guerre a renforcé l‘importance politique des Dominions, résolument hostiles à toute obligation européenne; la guerre a renforcé la dépendance économique de l’ Angleterre vis-à-vis des Dominions qui occupent dans sa balance commerciale une place proportionnelle chaque jour plus grande; enfin, l’on peut être assuré que l‘Angleterre, si elle a établi déjà l’ébauche d’une préférence douanière impériale, ne va pas ruiner les avantages de ce système nouveau en participant au protectionnisme encore puissant du continent.

Peut-on donc songer à se passer de l’Angleterre? Certains le pensent. Nous sommes beaucoup à ne pas partager leurs espoirs. Il y a trop d’argent britannique en Europe, il y a trop d’influences britanniques dans la plupart des États européens, il y a trop d’intérêts économiques qui nous lient tous au commerce britannique pour que nous puissions nous bercer de l’espoir de réaliser sans Londres cette union douanière et ce pacte continental qui seraient à la base des États-Unis d’Europe.

Est-ce à dire qu’il faille renoncer à une solidarité européenne? Cette pensée est loin de moi. Je pense au contraire que cette réalisation, nécessaire à la paix, est prochaine. Et s’il plaît à certains d’appeler cette solidarité européenne « États-Unis d’ Europe », je n’ y vois nul obstacle. Je veux seulement qu’en parlant des États-Unis d’Europe on ne se donne pas l’illusion, et surtout qu’on ne donne pas à l’opinion l’illusion qu’ils seront plus qu’un renforcement salutaire de la solidarité européenne. Et je ne veux pas, par conséquent, qu’on laisse les peuples envisager d’autres moyens de renforcer cette solidarité que les moyens vraiment possibles, que nous aurons peut-être le loisir de développer plus tard, mais que nous devons indiquer déjà: des accords économiques par matières, entre un nombre de peuples variant avec chaque matière, comprenant Angleterre, lorsque c’est son intérêt, la négligeant lorsqu’elle s’en désintéresse; des accords multipliés d’arbitrage et de sécurité, particuliers ou généraux, selon les possibilités des diverses régions; un effort commun pour arriver au désarmement, en précisant les articles du pacte qui prévoient des sanctions collectives.

II y a là une tâche assez difficile déjà pour la soumettre à l’opinion dans son ampleur réelle et non sous le nom fallacieux d’États-Unis d’Europe. »

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Colloque à l’Assemblée nationale : L’héritage, la trace laissée par Pierre Brossolette

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Un colloque sur Pierre Brossolette a été réalisé le 17 octobre 2013 par la présidence de l’Assemblée nationale à l’Hôtel de Lassay pour évoquer sa mémoire en deux volets: le parcours de sa vie et la trace qu’ont laissée ses écrits, ses idées et ses actions.

Ce colloque a permis de mieux connaître, au-delà de son action en tant que résistant pendant la seconde guerre mondiale, le journaliste, l’homme politique et surtout l’intellectuel engagé et militant.

Pour cette date importante qui commémore le 18 juin 1940, nous vous présentons ici la vidéo de l’intégralité du Colloque avec sa déuxième partie (l’après-midi), couvrant la trace qu’ont laissée les écrits, les idées et les actions de Pierre Brossolette, suivant le déroulé ci-dessous:

L’héritage, la trace laissée par Pierre Brossolette

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Table ronde animée par Michèle Cotta, journaliste
Diffusion d’archives filmées de Pierre Brossolette prêtées gracieusement par INA
Témoignage de Claude Pierre Brossolette
Revue de presse par Ivan Levaï, journaliste

     Jacques Vistel, Conseiller d’Etat, président de la Fondation de la Résistance
     Pierre Joxe, ancien Ministre
     François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate

     Mona Ozouf, historienne, philosophe
     Guillaume Piketty, historien
     Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur
     avec la présence du Maire de Paris Bertrand Delanoë

Conclusion : Mona Ozouf, présidente du Comité de Soutien pour le transfert des cendres de Pierre Brossolette au Panthéon

 

Pour voir la vidéo de la première partie de ce colloque, veuillez lire l’article publié ici:

A l’occasion de l’anniversaire de la panthéonisation de Pierre Brossolette, les vidéos du Colloque en son honneur à l’Assemblée Nationale

 

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A l’occasion de l’anniversaire de la panthéonisation de Pierre Brossolette, les vidéos du Colloque en son honneur à l’Assemblée Nationale

Colloque Hotel de Lassay Pierre Brossolette

 

Un colloque sur Pierre Brossolette a été réalisé le 17 octobre 2013 par la présidence de l’Assemblée nationale à l’Hôtel de Lassay pour évoquer sa mémoire en deux volets: le parcours de sa vie et la trace qu’ont laissée ses écrits, ses idées et ses actions.

Ce colloque a permis de mieux connaître, au-delà de son action en tant que résistant pendant la seconde guerre mondiale, le journaliste, l’homme politique et surtout l’intellectuel engagé et militant.

Ses allocutions à la BBC connues ont été lues de manière émouvante par Pierre Arditi.

Pour l’anniversaire de son entrée au Panthéon, nous vous présentons ici la vidéo de l’intégralité du Colloque avec sa première partie (matin) couvrant le parcours de sa vie, suivant le déroulé ci-dessous:

Image de prévisualisation YouTube

Accueil et allocution de Claude Bartolone, Président de l’Assemblée nationale
Table ronde animée par Fabrice d’Almeida, historien

Diffusion d’archives filmées de Pierre Brossolette, prêtées gracieusement par l’INA
Témoignage de Roger Lebon, résistant
Lecture des textes de Pierre Brossolette par Pierre Arditi

     Lionel Jospin, ancien Premier Ministre
     François Baroin,
Député Maire UMP de Troyes

     Eric Roussel, historien
     Alain Bergounioux, historien
     Christophe Barbier, directeur de l’Express
     Aurélie Luneau, historienne

La deuxième partie (après-midi, couvrant « L’héritage, la trace laissée par Pierre Brossolette ») sera publiée le 18 juin dans un prochain article.

 

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Et les femmes françaises ont voté pour la première fois, le 29 avril 1945

 

Le général de Gaulle affirme en juin 1942, que « tous les hommes et toutes les femmes éliront l’Assemblée nationale ». Lors de l’Assemblée consultative provisoire d’Alger à Paris, le droit de vote est adopté le et instauré  à travers l’ordonnance du 21 avril 1944. Elles pourront désormais participer au suffrage universel et à l’éligibilité.

Gilberte Brossolette participe au premier vote des femmes le 29 avril 1945.

GILBERTE BROSSOLETTE VOTE EN 1944

Pour écouter une émission de 1946 sur les premières élections après la guerre avec la participation des femmes pour la première fois:

 

Connaissez-vous le parcours de Gilberte Brossolette par la suite ? Deputée, sénatrice, vice-président du Sénat et la première femme à présider une séance du Sénat.

Cliquez sur ce lien pour lire sa biographie et son parcours politique

 

gilberte brossolette preside le Senat

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« Dans l’argile fraternelle du terroir…

commemoration Plogos Pierre Brossolette e Honore d'Estienne d'Orves Bretagne

Miguel Brossolette Branco , Anne Brossolette et d'Estienne d'orves

 

… d’Estienne d’Orves et Brossolette ne se demandent point si l’un était hier royaliste et l’autre socialiste. Compagnons de la même Libération, le père Savey ne demande pas au lieutenant Dreyfus quel Dieu ont invoqué ses pères. Des houles de l’Arctique à celles du désert, des ossuaires de France aux cimetières des sables, la seule foi qu’ils confessent, c’est leur foi dans la France écartelée mais unanime. »

Ainsi pourrait-on paraphraser l' »Hommage aux  morts de la France Combattante » du 18 juin 1943 de Pierre Brossolette prononcé à l’Albert Hall de Londres (voir le discours complet ici). À l’occasion, Brossolette lui-même citait en fait le communiste Gabriel Péri, dans une association de mémoire avec d’Estienne d’Orves fameuse dans les milieux résistants dès 1941 et immortalisée en 1944 avec la publication du poème « La Rose et le Réséda » de Louis Aragon.

Mardi dernier, ce n’est pas dans l’argile du terroir mais sur le granit des falaises de Plogoff que les filles de Honoré d’Estienne d’Orves et de Pierre Brossolette se sont rencontrées grâce à l’initiative de Michel Madec, professeur d’histoire au lycée et collège de l’Harteloire à Brest, et au support du maire de Plogoff, Maurice Lemaître.  Rose de Beaufort et Anne Brossolette Branco, accompagnée de son fils Miguel-Pierre, ont participé le matin au forum organisé avec des élèves du lycée/collège et plus tard aux deux cérémonies d’hommage à Pors Loubous (débarquement de d’Estienne d’Orves en 1940) et Feunteun Aod (échouage du Jouet des Flots avec Pierre Brossolette en 1944).

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Plogoff Pierre Brossolette

 

Pour lire l’article paru hier sur le journal L’Ouest France, veuillez cliquer sur le lien suivant:
www.ouest-france.fr/leditiondusoir

L'Ouest France Plogoff pierre Brossolette Estienne d'orves

 

ou lire cette article sur « Plogoff, port d’attache dela Résistance »:
www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/plogoff-le-port-dattache-de-la-resistance

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Pierre Brossolette repose désormais dans la crypte du ‪‎Panthéon‬

 

Caveau Pierre Brossolette

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Caveau Pierre Brossolette au Pantheon

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Cérémonie d’hommage solennel de la Nation à Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay #Panthéon

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Panthéon Pierre Brossolette Hollande

Panthéon – Paris – Mercredi 27 mai 2015 – Discours du Président de la République François Hollande

 

Aujourd’hui, la France a rendez-vous avec le meilleur d’elle-même. Ils étaient quatre : deux femmes, deux hommes. Ils sont quatre à entrer aujourd’hui dans le monument de notre mémoire nationale. Ils sont quatre inséparablement liés dans cette célébration qui veut que des personnalités remarquables soient données en exemple à la France toute entière pour inspirer les générations nouvelles. Ils sont quatre. Admirables sans avoir voulu être admirés, reconnus sans avoir cherché à être connus, célébrés sans avoir imaginé être célèbres.

Ils sont quatre, deux hommes, deux femmes. Quatre destins, quatre chemins, quatre histoires qui donnent chair et visage à la République en en rappelant les valeurs. Quatre héros si différents par leurs origines, leurs opinions et leurs parcours. Qu’y a-t-il donc de commun entre ces deux femmes rescapées de l’enfer des camps et ces deux hommes disparus atrocement dans les derniers jours de l’Occupation ? Entre ces deux catholiques qui mirent leur vie au service de la dignité humaine et ces deux francs-maçons qui eurent très jeunes des responsabilités politiques importantes ? Entre ces deux sœurs de combat pour un monde commun et ces deux précurseurs d’une République nouvelle ?

Pourtant, ces deux femmes, ces deux hommes, chacun si singulier, ont été gouvernés par les mêmes forces, animés par les mêmes passions, soulevés par le même idéal, unis les uns, les autres par le même dépassement, indissociablement soudés par le même amour, l’amour de leur patrie. Quatre grandes Françaises et Français qui incarnent l’esprit de la Résistance, l’esprit de résistance. Face à l’humiliation, à l’Occupation, à la soumission, ils ont apporté la même réponse : ils ont dit non tout de suite, fermement, calmement.

En juin 1940, Pierre BROSSOLETTE a 37 ans. Capitaine dans l’armée française, il s’apprête à être démobilisé après une guerre qu’il avait jugée inéluctable. Rendu à la vie civile, il poursuit d’une autre façon le combat. Il devient libraire à Paris, pas simplement pour l’amour des livres mais parce que c’est une couverture qu’il choisit pour des actions clandestines. Il rejoint le réseau du Musée de l’Homme parce que, comme il le dira lui-même : « il faut bien faire quelque chose ». Très vite, il participe à l’action clandestine. Il se rend à Londres à la fin avril 1942, devient l’un des dirigeants des services secrets de la France combattante aux côtés des chefs de la France libre.

Continuer à lire le discours

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L’hommage de l’Éducation nationale à la Sorbonne, le 26 mai 2015

 

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